• 26 février 2012

« Au cœur de l’Europe, au cœur du changement! »


Chers amis, chers visiteurs,

J’ai le plaisir de vous annoncer la mise en ligne de mon site de campagne www.pyleborgn2012.eu

Dans les semaines à venir, c’est sur cette plateforme que je vous invite à me rejoindre pour suivre ma campagne à l’élection législative au service de la 7ème circonscription des Français de l’Étranger.

En vous remerciant de votre intérêt, de votre fidélité et des nombreux échanges que ce blog m’ont permis d’avoir avec vous.

Bien cordialement, Pierre-Yves
« Le changement, c’est maintenant »

  • 24 février 2012

Chancelleries détachées et action consulaire de proximité

Consulat général de France à Francfort sur le Main

J’ai présenté mardi dernier dans un post consacré à la reconstruction du service public français à l’étranger la priorité que constitue à mes yeux la réorientation de l’action consulaire vers une logique de proximité. J’estime dramatique le bilan des dernières années dans notre circonscription et plus largement dans le monde. Sous couvert de révision générale des politiques publiques (RGPP), l’outil consulaire a été dépouillé des moyens qui lui sont nécessaires pour faire face aux attentes et demandes d’une population française en croissance de près de 60% sur la décennie écoulée. J’ai dit notre engagement, à gauche, à mettre en place, si nous gagnons les élections, un moratoire sur toute suppression de Consulats et leur transformation en Consulats à gestion simplifiée afin que la parole soit rendue aux usagers pour poser les bases de la reconquête d’un service consulaire en grande souffrance.

Je souhaite aujourd’hui aller plus loin dans la proposition. Je ne peux accepter la réponse récurrente de la droite selon laquelle il faudrait s’accommoder de cette politique au motif que le réseau diplomatique et consulaire français resterait toujours le second au monde. Ce n’est pas à l’aune de la fierté nationale que j’envisage le service public, mais de son efficacité au service de tous nos compatriotes, qu’ils vivent dans une capitale, une grande ville ou un petit village à l’étranger. Et le compte n’y est clairement pas. L’action consulaire doit retourner vers le citoyen au lieu d’être concentrée dans les capitales et quelques rares grandes villes. Il faut recréer les emplois consulaires supprimés ces dernières années. Il faut renouer avec les tournées consulaires, et pas seulement lors des années électorales pour établir les procurations.

Je mets les pieds dans le plat. Quelle est pour les Français à l’étranger la valeur ajoutée d’un Consulat à gestion simplifiée dès lors qu’il ne rend plus les services habituels dans la sphère consulaire (état civil, action sociale, visas, etc.) ? Elle est faible, reconnaissons-le, et ce malgré le travail remarquable, que je tiens à saluer, des agents des postes concernés. Il est légitimement difficile de comprendre par exemple, lorsque l’on vit en NRW, que c’est désormais à Francfort qu’il faut se rendre à deux reprises pour obtenir un passeport ou une carte nationale d’identité, alors même qu’existe encore un Consulat à Düsseldorf. Les Consulats à gestion simplifiée ont de facto évolué vers une action d’influence régionale … loin de toute réelle activité consulaire. Est-ce bien utile pour les Français à l’étranger? Non. Ce qui serait utile, ce serait l’ouverture de chancelleries détachées.

C’est en effet le service rendu à nos compatriotes qui doit primer. Une chancellerie détachée, conçue comme un vice-Consulat, installée dans un local à loyer modeste, avec à sa tête un agent doté d’une compétence administrative sur une partie de la circonscription consulaire, répondrait au besoin de proximité exprimé par les Français vivant loin du Consulat Général. La chancellerie détachée en serait le relais utile pour les activités consulaires. Elle serait bien moins coûteuse pour l’Etat qu’un Consulat à gestion simplifiée, installé dans un quartier et un bâtiment prestigieux, avec des frais de fonctionnement autres. Pour l’anecdote, Mayence disposait jusqu’en 1991 d’une chancellerie détachée de Francfort, qui rendait fort bien les services attendus. Elle a été transformée en Consulat Général, lequel Consulat a fermé en 1999. L’Etat n’a vendu le bâtiment au rabais qu’en 2004, après l’avoir chauffé à vide plusieurs années durant…

Je n’entends pas proposer la création de chancelleries détachées partout, bien sûr, mais je suis prêt à faire cette proposition au moins pour les villes de la 7ème circonscription qui ont perdu ces dernières années leur Consulat de plein exercice : Düsseldorf, Sarrebruck, Stuttgart et Hambourg. Ces chancelleries détachées auraient par ailleurs pour priorité la réorganisation de tournées consulaires, de plus en plus difficilement mises en place faute de ressources. Il faudrait ainsi retourner, parmi d’autres villes désormais à l’écart des tournées consulaires, à Paderborn, à Trèves ou à Coblence. Voilà quelques propositions précises, jouables, finançables pour renouer avec une action consulaire de proximité. C’est comme cela que je conçois la reconquête du service public français à l’étranger.

  • 21 février 2012

Reconstruire le service public français à l’étranger

« Le Monde » en date de ce mardi 21 février 2012 publie une tribune rédigée par une douzaine de hauts-fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, rassemblés dans un collectif au nom de groupe « Calvignac », du nom d’un syndicaliste socialiste du Tarn, qui consacra sa vie à la défense des travailleurs du secteur minier. Cette tribune est un constat juste, amer et déprimant des attaques portées au pacte républicain par le gouvernement depuis 2007. Si le constat du groupe « Calvignac » se nourrit prioritairement de l’expérience du corps préfectoral, il est largement transposable à d’autres Ministères, notamment au Ministère des Affaires Etrangères, notre « maison » des Français de l’étranger. En voici un extrait, dont je souligne un passage :

« (…) la révision générale des politiques publiques (RGPP) (…) pouvait pourtant rencontrer une attente. Conçue à la fois pour redresser les finances publiques du pays, rationaliser les structures, fournir un meilleur service à moindre coût tout en remotivant les fonctionnaires, la RGPP se donne surtout à voir comme un symbole de l’ivresse technocratique : une approche verticale et condescendante de ce qui est nécessaire au bon fonctionnement de l’Etat.
Recevable dans ses principes généraux, la RGPP aura surtout profité à des consultants privés, mais elle aura manqué l’essentiel de ses objectifs. Elle n’a pas, ou si peu, engendré d’économies ; elle s’est pour l’essentiel traduite par des fermetures de sites et une tension accrue sur l’accueil du public. Elle n’a pas davantage rendu les organisations plus performantes, quand elle n’a pas compliqué les choses jusqu’à l’absurde : comme dans ces nouvelles « directions départementales interministérielles » où il faut convoquer trois comités techniques et obtenir l’accord de cinq ministères pour qu’un agent change de bureau.

En revanche, la RGPP a cassé le moral des fonctionnaires. Des fonctionnaires à qui on a répété depuis cinq ans qu’ils étaient trop nombreux, trop coûteux et pas assez performants, à qui on a donné pour seul horizon la réduction constante de leurs moyens d’agir, tout en les soumettant à un zapping constant des priorités, et d’indicateurs à renseigner – pas pour mieux servir le public, mais pour mieux aider le gouvernement à ses justifier de décisions bien souvent erratiques et précipitées. »

Tout cela est malheureusement si vrai. Il suffit de connaître à l’étranger le quotidien du personnel consulaire, conduit à faire toujours plus avec toujours moins, pour savoir ce qu’est une gestion à flux tendus en raison des suppressions régulières d’emplois et du transfert sans les ressources nécessaires des activités d’un poste transformé en Consulat à gestion simplifiée. Cette expression de Consulat à gestion simplifiée est bien malheureuse, car elle ne décrit pas la disparition du service des visas, de l’état civil et de l’action sociale, pourtant très réelle. Dans la 7ème circonscription, nous avons donné avec les décisions de la droite de vider de leurs attributs consulaires les Consulats de Hambourg, Düsseldorf, Sarrebruck, Stuttgart et Cracovie.

La casse du service public consulaire sous couvert de RGPP doit cesser. Ces fermetures se sont faites en l’absence totale de concertation avec les usagers, les syndicats (ces fameux corps intermédiaires que le candidat Sarkozy se vantait d’ignorer dans son récent discours de Marseille) et les élus à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). C’est la politique du fait accompli, la centralisation des décisions et des opérations à marche forcée. Il en résulte une lourde détérioration du service au public comme des conditions de travail des agents. Il faut maintenant faire des déplacements coûteux lorsque l’on ne vit pas à proximité d’un consulat. Car la dématérialisation des procédures a bon dos : tous nos compatriotes ne sont pas des « geeks » et il reste au demeurant des déplacements incontournables (passeports).

Le Consulat n’est pas qu’un guichet. Il est d’abord un lieu de vie, de conseils et d’échanges pour les Français de l’étranger. Voilà une réalité que la droite a totalement occulté, toute à son empressement de sabrer un peu partout au nom de la sacro-sainte RGPP. Le service public consulaire doit retrouver les moyens de son action au bénéfice d’une population française à l’étranger en croissance, avec le retour d’emplois supprimés ces dernières années, la densification des tournées consulaires et l’engagement d’une réflexion sur le développement de chancelleries détachées. Si la gauche l’emporte en mai et en juin, un moratoire sur la suppression des Consulats et leur transformation en Consulats à gestion simplifiée sera mis en place. La parole sera aux usagers, aux syndicats, aux élus à l’AFE pour tirer ensemble les enseignements d’une décennie de recul du service public à l’étranger et poser les priorités de sa reconquête.

La droite aime à brocarder les fonctionnaires. Pour la gauche, le service public est la traduction dans la vie citoyenne du principe d’égalité. Il est l’expression de la promesse républicaine. Il ne peut être battu en brèche, bradé, ignoré, sacrifié. En France comme à l’étranger. Il nous faut un service public fort et en son sein des agents encouragés, motivés et formés. Nous nous en chargerons. En pensant en particulier aux recrutés locaux, dont les conditions de travail, de rémunération et d’assurance sociale doivent être améliorées et sécurisées par un exercice statutaire. Il faut que l’Etat montre l’exemple comme employeur aussi. Il faut qu’il soit respectable. C’est ce changement-là que nous entendons mettre en œuvre si la gauche gagne les élections du printemps.

  • 20 février 2012

Véolia, Borloo et le dernier scandale de Sarkozy

Serait-ce le scandale final, cette fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase de toutes les colères et frustrations face aux méthodes sans foi ni loi de Nicolas Sarkozy et de ses copains du Fouquet’s ? L’on a appris en effet en fin de soirée hier dans un article de Libération que le Président de la République se serait mis d’accord avec Henri Proglio, Président d’EDF, pour débarquer l’actuel Président de Véolia, Antoine Frérot, et le remplacer par Jean-Louis Borloo. Le prix à payer certainement pour la non-candidature de ce dernier à l’élection présidentielle, fut-ce au prix d’un très vilain conflit d’intérêt qui saute aux yeux de tous sauf à celui des intéressés. Car Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et de la Mer (entre autres…), aura été durant plus de trois ans et il n’y a pas si longtemps encore à la tête de l’organisation ministérielle qui régulait les secteurs industriels où agit Véolia.

Tout cela est bien moche et file la nausée. Le Président de la République donne le coup de main au coup d’Etat fomenté par Henri Proglio, ancien Président de Véolia et toujours administrateur de la société, contre son successeur, dont il a décidé d’avoir la tête. C’est le même Nicolas Sarkozy qui, nommant Henri Proglio à la tête d’EDF en 2009, avait jugé tout à fait normal qu’il puisse continuer à présider le conseil d’administration de Véolia et à percevoir ainsi une double rémunération. Deux années après, alors que cela sent le roussi pour Nicolas Sarkozy, voilà le retour d’ascenseur. Sur fond d’affairisme et d’argent-roi, avec l’ineffable Alain Minc à la manœuvre pour organiser l’opération. De Sarkozy, cela ne surprend pas. De Proglio, non plus. Mais de Borloo, oui. La rénovation politique, l’indépendance, le virage social dont il se prévalait n’étaient ainsi qu’un triste habillage.

La République mérite mieux que ces petits arrangements indignes entre amis. Il y a quelque chose de pourri lorsque l’on en arrive à de telles décisions. C’est du niveau de l’affaire de l’EPAD, symbole de l’aveuglement le plus total et du mélange des genres. On voudrait imaginer toute la hauteur de vue et de comportement que requiert la fonction de Président de la République. On n’a en retour que le spectacle consternant d’un Président se prêtant aux petites querelles recuites du capitalisme français avec le secret espoir d’en tirer profit politique. C’est d’une confondante petitesse.

Vivement le 6 mai que la parole soit rendue au peuple pour sanctionner ces dérives, ces pratiques, qui font honte à notre pays. Pendant ce temps, le chômage grimpe, les déficits s’accroissent, des millions de compatriotes glissent vers la précarité. Le Président, lui, joue. Du balai !

  • 18 février 2012

Passion culture à Hanovre

Avec Laudine Lepage, Philippe Loiseau, Claude Chapat et les lycéens de Basse- Saxe

De passage à Hanovre les 15 et 16 février avec Claudine Lepage, Sénatrice des Français de l’étranger, ainsi que Philippe Loiseau et Claude Chapat, Conseillers à l’Assemblée des Français de l’Etranger, j’ai eu le bonheur d’assister à la Künstler Haus aux délibérations et au choix des lycéens de Basse-Saxe dans le cadre du Prix des Lycéens allemands, qui récompense chaque année un ouvrage en langue française dans le cadre de la Foire du Livre de Leipizig. Le Prix des Lycéens allemands est organisé par le service culturel de l’Ambassade de France, l’Institut Français en Allemagne, le Ministère de la Culture dans les 16 Länder et la Foire du Livre de Leipzig. Il fonctionne selon le principe du Prix Goncourt des Lycéens : ce sont les lycéens eux-mêmes qui, dans leur école, puis ensuite au niveau régional, se réunissent pour présenter un livre et convaincre leurs pairs d’en faire le choix du Land pour la finale à Leipzig. Cette rencontre régionale leur permet également d’élire celle ou celui d’entre eux qui y défendra le livre choisi.

J’ai été littéralement captivé par les échanges entre ces jeunes âgés de 16-17 ans et issus de 32 lycées de Basse-Saxe. Il y avait la passion du livre à présenter, les arguments pour le faire, mais aussi l’écoute attentive des autres et l’articulation efficace des idées. Et un niveau de français vraiment impressionnant. Autant de choses qui font très chaud au cœur de l’avide lecteur que je suis. A vrai dire, j’aurais aimé qu’un tel prix existe en allemand pour les potaches français dont j’étais en des temps immémoriaux ! Après le débat sont venus les votes. « Le temps des miracles » d’Anne-Laure Bondoux, l’a emporté sur « Blog » de Jean-Philippe Blondel. Et c’est Katharina, formidable avocate du livre élu, qui le présentera à Leipzig au nom de la Basse-Saxe le mois prochain. La première à la féliciter pour son enthousiasme fut Claudine Lepage, à qui il revenait de proclamer les résultats en présence de Bernd Strauch, Maire de Hanovre, et de Raimund Nowak, Président de la Metropol Region, qui regroupe les villes de Hanovre, Brunswick, Göttingen et Wolfsburg.

Il existait il y a quelques années encore un Institut culturel français à Hanovre, qui a malheureusement fermé. Un travail remarquable est désormais abattu dans le domaine culturel par Antenne Métropole, financée conjointement par la Metropol Region et l’Ambassade de France en Allemagne. Avec l’Institut de Brême, Antenne Métropole était la cheville ouvrière du Prix des Lycéens en Basse-Saxe. C’est dans les locaux de la Metropol Region, qui abrite le bureau d’Antenne Métropole, que j’ai eu le plaisir de rencontrer les représentants des associations françaises ainsi que d’autres compatriotes établis à Hanovre à l’occasion d’une réception, en présence de Monsieur Nowak et de Monsieur Eckhard Forst, récemment nommé Consul honoraire de France. Il faut saluer tout particulièrement les efforts de la Metropol Region en soutien au lien franco-allemand, exemplaires de la volonté de nombreuses villes allemandes où existait autrefois un Institut de maintenir le lien culturel avec notre pays.

Ces deux jours à Hanovre montrent, s’il en est besoin, que la culture et l’apprentissage de la langue française requièrent des moyens qui, aujourd’hui, font défaut. Comme d’ailleurs les perspectives et les priorités de l’action culturelle extérieure. Une politique culturelle à l’étranger ne peut en effet exister à coups de soustractions. L’ouverture à la diversité se construit dès les premières années. Crèches et jardins d’enfants en langue française ont besoin d’un coup de main qui ait valeur de soutien financier et aussi moral. A la crèche comme au jardin d’enfants « Les Petits Gaulois », des bambins joyeux nous ont accueillis. Ils vivent le bonheur d’être ensemble, d’entendre et de parler une même langue, d’apprendre de leurs différences aussi et cela grâce à l’engagement associatif de parents passionnés. Ce sont ces initiatives qu’il faut honorer et encourager davantage, en plaçant la petite enfance au cœur de la politique culturelle extérieure de la France.